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Le Jeu de l’Amour et du Hasard

Au XVIIIe siècle, on a beau accepter l’autorité parentale, la per- spective d’épouser quelqu’un qu’on ne connaît pas n’est pas ré- jouissante. C’est du moins ce que pense Sylvia. Pour pouvoir me- ner sa petite enquête et étudier en toute liberté le caractère de l’homme que son père lui destine, elle décide de se faire passer pour sa servante lorsqu’elle le rencontrera. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que le fiancé en question fait le même raisonnement en ce qui la concerne et prend la place de son  valet…


LA COMEDIE – MAIS PAS QUE…
Avec une telle situation digne des plus traditionnelles intrigues de la commedia dell’arte, les quiproquos, les faux-semblants, les retournements de situations vont s’enchaîner avec gaieté dans  un chassé-croisé amoureux plein de fantaisie. Mais qu’on ne s’y trompe pas – et c’est là tout l’art de Marivaux ! – chez cet auteur brillant et élégant, la comédie règne en maître pour mettre en lumière et mieux faire « digérer » un constat critique plutôt amer de la société.

On a longtemps considéré Marivaux comme l’auteur incarnant l’esprit français, sa légèreté, l’habileté et le charme de ses   entreprises de séduction. D’où le mot « marivaudage » qui implique généralement une notion de superficialité. Ce n’est qu’au XXème siècle qu’on s’est aperçu à quel point ce marivaudage si délicieux à entendre recouvrait une cruauté et une sévère critique de la so- ciété qui aurait probablement valu à son auteur la censure, voire la Bastille, si ses contemporains avaient réalisé la réelle portée de ses intrigues et de ses propos.


UN ETHNOLOGUE ?
« Comme un ethnologue de sa propre époque, Marivaux obser-   ve les comportements et s’amuse à bousculer l’ordre des choses dans chacune de ses pièces. Avant de décrire leur retour à la nor- male ! », précise Catherine Hiégel, la metteuse en scène. Car la pièce date de 1730 : un peu tôt pour un propos révolutionnaire, mais pas pour une prise de conscience. Car sous la fantaisie des déguisements, c’est bien de conventions sociales et d’opposition entre les classes qu’il s’agit. Si Marivaux ne se permet pas de prêcher l’abolition des inégalités, il en déplore l’injustice en nous faisant prendre le parti des serviteurs, qui après avoir goûté aux avantages d’une élévation sociale inattendue, se voient retomber dans les contraintes de leur condition subalterne et la désillusion. Il ne craint pas non plus d’affirmer que le mérite doit primer la naissance et certaines de ses répliques annoncent la célèbre phra- se de Figaro : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus.  »


UN CLASSICISME AUDACIEUX
En privilégiant le classicisme affirmé d’un magnifique décor et de somptueux costumes qui restituent l’esthétique du XVIIIe, Cathe- rine Hiégel, avec sa formidable connaissance des grands auteurs, se met au diapason de Marivaux pour montrer que les apparences sont trompeuses. A une époque où les transpositions sont si à la mode, le kitsch apparent de la scénographie, associée à la distri- bution originale qu’elle a choisie, devient une audace ! Sa mise   en scène, ponctuée de malice et de légers décalages, histoire de nous rappeler que c’est du théâtre, sa direction d’acteur, sa façon de faire parler un langage qui date de trois siècles montrent com- bien le propos de l’auteur peut résonner de façon actuelle à nos oreilles contemporaines.
 

AVEC Laure Calamy (Prix Molière de la comédienne 2018), Vincent Dedienne, Clotilde Hesme, Emmanuel Noblet, Alain Pralon, Cyrille Thouvenin                                  
MISE EN SCENE Catherine Hiegel
DECOR Goury
COSTUMES Renato Blanchi


4 nominations aux Molières  2018
Production : Coproduction Théâtre de la Porte Saint-Martin, Atelier Théâtre Actuel et Canal

„Une comédie aussi merveilleuse que drôle, aussi drôle que cruelle. La langue, précise, accessible, est un enchantement, la distribution est remarquable.“

LE FIGARO

„Ce spectacle approche la perfection dans la finesse. Dans une mise en scène qui regorge d’astuces et de clins d’œil, où rien n’est forcé ni facile, un sextuor d’acteurs danse le plus subtil et drôle des menuets.“

L’EXPRESS

„Une metteuse en scène expérimentée et des comédiens de haut niveau. Quant à la pièce, Le Jeu de l’amour et du hasard, c’est une Rolls.“

FIGAROSCOPE

„Quel délice, quelle merveille !“

LE POINT

Aufführungstermine

  • So, 03. März 2019, 18:00