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Le dernier Métro

Dans Paris occupé, les salles de théâtre sont pleines. Parce qu’il     y fait chaud ! Mais aussi parce que les auteurs qui savent habi- lement détourner la censure écrivent des textes qui peuvent donner de l’espoir, ou encourager mine de rien la résistance, ou simplement faire passer un bon moment pour oublier les aléas parfois dramatiques du quotidien.

Dans un théâtre, une troupe répète une pièce écrite par son di- recteur Lucas Steiner. Celui-ci, étant juif, s’est réfugié dans le sous-sol, alors que tout le monde pense qu’il a fui la France. Il peut ainsi écouter les répétitions depuis sa cachette et les diriger par l’intermédiaire de sa femme qui le remplace et le rejoint tous les soirs. Le travail se fait entre l’appréhension joyeuse de la Pre- mière et la peur d’un lendemain plein de menaces. Car la censure veille, le couvre-feu règne, il ne faut pas rater le dernier métro,   et le critique délégué par les services de la collaboration  rôde…


POURQUOI LE DERNIER METRO ?
Truffaut voyait son film comme une sorte de manifeste : « qui témoigne de notre aversion possible contre toutes les formes de racisme et d’intolérance, mais aussi de notre amour profond pour tous les gens de théâtre. »

En adaptant le film de Truffaut pour le théâtre, Dorian Rossel rend hommage au théâtre et à sa capacité d’insuffler une force de vie dans l’épreuve. Mais il montre aussi combien la scène incarne le rapport de l’art à la politique ou à la société et combien elle peut être intemporelle en abordant des thèmes qui ne se limitent pas à ceux qui touchent directement l’époque de la création d’une œuvre.

« Devant la haine de l’autre, dit-il, et le déploiement de la vio- lence, fléaux qui nous rattrapent aujourd’hui, quel autre rempart ériger sinon celui, brûlant, de l’esprit collectif ? Le Dernier Mé- tro trouble par la résonance qu’il trouve dans notre époque, où les repères s’étiolent et les acquis vacillent. J’aime la possibilité offerte au spectateur de saisir par touches successives les lut-    tes et les dangers de l’époque, la vie qui continue en réponse à l’oppression, l’amour du théâtre, le bonheur du partage puis les thèmes récurrents qui nous reviennent aux oreilles : le retour en force des extrémismes, la peur des lendemains, la menace qui plane... Devrons-nous, demain, nous positionner à notre tour face à cette situation ? »


LA TOUCHE DORIAN ROSSEL
Dorian Rossel n’est pas un metteur en scène conventionel. Une   de ses spécificités réside dans le fait qu’il a un fort pouvoir d’évocation et qu’il fait appel à l’imaginaire des spectateurs plutôt que de leur servir une dramaturgie en ligne droite. En outre, son travail n’est pas basé sur les textes de répertoire théâtral mais est issu de sujets et/ou de films contemporains. Il veut fortement parler de notre temps et de nos expériences actuelles. «Nous som- mes à la recherche d’un théâtre qui rassemble et donne l’envie   de se questionner, d’apprendre et de s’ouvrir aux autres. Qui don- ne du plaisir et la force de sortir de ses préjugés. Qu’il soit une invitation à entrer dans un univers délicat, exigeant et complexe, miroir de notre monde ».

Avant de tourner en Suisse et dans la France entière, sa compa- gnie STT – Super Trop Top (!) – fondée en 2004, crée d’abord au Théâtre de l’Usine à Genève, à l’Arsenic à Lausanne et au Théâtre Château Rouge à Annemasse. De 2008 à 2011, elle est associée à   la Comédie de Genève, puis devient « Compagnon du bord de l’eau au Théâtre Vidy-Lausanne », dirigé par René Gonzales qui se montre un véritable partenaire, puis associée au Théâtre Forum Meyrin.

La volonté de la Cie STT est de développer un théâtre accessible, direct mais rigoureux, singulier et actuel.
 

AVEC Sophie Broustal, Antoine Courvoisier, Matthieu Delmonte, Thomas Diebold, Erik Gerken, Leslie Granger, Delphine Lanza, Bérangère  Mastrangelo, Pauline Parigot, Julie-Kazuko Rahir, Aurélia Thierrée
MISE EN SCENE Dorian Rossel
COSTUMES Mélanie Ramos-Mozayeni

Production Cie STT (Super Trop  Top)

„Une dramaturgie inspirée… La Rossel touch, comme toujours, se mani- feste dans l’inventivité scénique.“

LA TRIBUNE DE GENEVE

„La troupe désamorce les armes convenues de la scène… plaisir de la dis- tanciation… tout cela relève de ce qu’on appellera l’esthétique du double jeu.“

LE TEMPS

Aufführungstermine

  • Mo, 28. Januar 2019, 19:30