Nouvelle Scène

LE CANARD À L’ORANGE

WILLIAM DOUGLAS HOME, MARC-GILBERT SAUVAJON

Quinze ans de mariage, la routine… Pour y échapper, Liz s’est entichée d’un fringant trader et annonce à son mari qu’elle a l’intention de le quitter. Celui-ci accueille cette nouvelle avec philosophie et décide d’organiser un petit week-end à trois pour régler les arrangements de leur nouvelle vie à tous, sous l’arbitrage de sa secrétaire et l’œil attentif de la gouvernante. Tout est bien dans le meilleur des mondes… mais c’est sans compter sur le fait que le mari est un champion aux échecs et que son fair-play cache un plan machiavélique.

LA ROLLS DU BOULEVARD
Le mari-la femme-l’amant…la secrétaire… et la bonne ! Tous les ingrédients du Théâtre de Boulevard sont réunis ! Mais il y a boulevard et boulevard. Celui-ci est un chef-d’œuvre du genre ! Avec intelligence et élégance, l’auteur a mis en place une sorte de partie d’échecs dans laquelle chacun avance ses pions. L’humour devient une arme fatale qui bouscule les notions de couple et les codes de comportement, de sorte que les jeux de l’esprit manipulent les sentiments pour changer la donne ! Et cette comédie, pour irrésistiblement drôle qu’elle soit, ne se perd pas dans la superficialité : l’échec et mat guette tout le monde !
Créée dans les années 70 par Jean Poiret et Pierre Mondy, devenue quasiment mythique, cette pièce est un régal d’humour à l’anglaise et d’intelligence, tant au niveau du déroulement de l’intrigue que du comique des dialogues. Les bons mots fusent, comme il se doit dans ce style de comédie, mais ils ne sont pas gratuits : ils recouvrent un cynisme de bon aloi dans toute société basée sur les convenances, à moins qu’ils ne masquent des sentiments ou des non-dits qui servent l’action ou la psychologie des personnages. Bref, c’est une pièce construite et écrite avec beaucoup de finesse.

LE BOULEVARD EST MORT, VIVE LE BOULEVARD ?
Comme dans bien d’autres domaines, le théâtre subit la loi du balancier : après avoir régné pendant des décennies, le Théâtre de Boulevard a vécu en disgrâce – après être tombé dans trop de facilités, voire de vulgarité ! – et le voilà qui renaît de ses cendres. La tendance est à sa revalorisation et, le temps ayant fait son tri, on s’aperçoit que bon nombre d’auteurs méritent d’être rejoués. Il suffit de leur faire subir un petit « nettoyage » (les pièces duraient facilement 2h30 !), d’éliminer les outrances d’interprétation très appréciées à l’époque et de les mettre en scène en s’appuyant sur la qualité d’écriture et des situations, et sur la psychologie des personnages – quand elles sont là. C’est ce qu’a brillamment fait Nicolas Briançon, tout en maintenant le côté « vintage » de la pièce, comme un clin d’oeil souriant et amusé au style de Au Théâtre ce soir si en vogue autrefois.

DEUX AUTEURS AU MEME DIAPASON
William Douglas Home est tombé tout jeune dans la marmite du théâtre : il écrivit sa première pièce encore à l’école et cumula des études d’histoire à Oxford et d’art dramatique à la célèbre Royal Academy of Dramatic Art. Auteur de plus de 50 pièces, il est l’un des meilleurs représentants au XXe siècle de la comédie légère à l’anglaise, toute de finesse, d’élégance aristocratique et d’humour. Pour lui, le rire est non seulement une politesse, mais encore un cadeau que l’on fait à tous ceux que l’on veut rendre heureux autour de soi.
Savoir rendre l’humour anglais dans une autre langue, ce n’est pas une sinécure ! Marc-Gilbert Sauvajon s’est révélé parfait pour cela. Auteur prolifique d’un nombre impressionnant de scénarios, de dialogues de films et d’adaptations, il a aussi écrit ses propres comédies, ingénieuses, narquoises, brillantes, dont bon nombre d’entre elles furent des succès.

Humour british implacable, rythme endiablé, c’est un véritable délice de drôlerie et d‘excentricité. L’EXPRESS

Une comédie irrésistible alliant finesse d’écriture et jeu savoureux. LE PARISIEN

De la verve, de l’humour, de la fantaisie. LE FIGARO MAGAZINE

AVEC Nicolas Briançon, Anne Charrier, Sophie Artur, Alice Dufour, François Vincentelli
MISE EN SCENE Nicolas Briançon
DECORS Jean Haas
COSTUMES Michel Dussarat

Durée 1h40

Coproduction Arts Live / Festival d’Anjou / Théâtre de la Michodière
7 nominations et un prix aux Molières 2019

Aufführungstermine