Nouvelle Scène

LES TROIS TÉNORS

BENOÎT BRIÈRE, MARTIN DRAINVILLE & LUC GUÉRIN

Dans le célèbre Hôtel Ritz à Paris, c’est le branle-bas de combat : quelques heures avant le « Concert du siècle » l’un des trois ténors prévus a fait défection, le deuxième est en crise existentielle, le troisième – gendre du producteur – essaie à tout prix de limiter les dégâts et le remplaçant est empêtré dans toutes sortes de malentendus qui risquent de compromettre sa carrière lyrique et son avenir sentimental. Ajoutez à cela un producteur qui frise la crise cardiaque, la relation conjugale volcanique d’un des ténors, les mésaventures amoureuses de leur fille et l’arrivée inopinée d’une diva russe, mélangez le tout avec le chasseur de l’hôtel, des quiproquos à gogo, l’égo et la susceptibilité des uns et des autres, et vous avez un cocktail théâtral absolument explosif.

UNE SATIRE LYRIQUE DEJANTEE
Avec de tels personnages et une intrigue dont les complications et les imprévus ne cessent d’augmenter, nous sommes dans la plus pure tradition des vaudevilles : avec l’ambiance glamour des années trente, c’est un festival de chassés-croisés, d’imbroglios et de malentendus dans une grande confusion apparente et pourtant millimétrés au cordeau, car si une porte doit claquer, si un personnage doit en surprendre en autre, cela doit se faire à un moment précis, ni avant, ni après ! Le rythme est roi ! Tout ceci est conçu avec le style de mécanique théâtrale et l’esprit d’un Feydeau, auquel vient se greffer le burlesque des Marx Brother !

PETIT RAPPEL HISTORIQUE
Les Trois Ténors est un clin d’œil loufoque à une série de concerts donnés par les célébrissimes ténors Luciano Pavarotti, Placido Domingo et José Carreras. En 1990, un producteur de musique a eu une idée assez étonnante : organiser un concert de charité aux thermes de Caracalla à Rome à la veille de la phase finale de la Coupe du monde de football. Trois autres concerts (Los Angeles, Paris et Yokohama) ont également eu lieu dans les mêmes circonstances. Des concerts vus par des milliards de téléspectateurs et dont les CD sont les albums classiques les plus vendus de tous les temps !

UN PEU DE FOND PEUT-ÊTRE ?
Pourquoi pas ? Le but de cette comédie est d’amuser, mais si on y regarde de plus près, on peut y trouver non seulement une satire du monde lyrique, bien que celle-ci repose en grande partie sur bon nombre d’idées reçues, mais également un plaidoyer pour la vie de famille. Comment concilier une vie d’artiste, voire de star et une vie de famille ? Peut-on préserver l’amour, échapper à la jalousie quand on sait que son conjoint en tournée fréquente des femmes aussi célèbres que séduisantes ou que son épouse dans la solitude est livrée à la convoitise de mâles séducteurs ? C’est aussi la mise en évidence des ravages que peut faire l’égo ! C’est enfin l’apologie de la responsabilité assumée par tout artiste car, souvent, que de drames personnels derrière la scène, et quoi qu’il arrive, quoi que l’on pense, quoi que l’on ressente, The show must go on !

LES ARCHITECTES DU SPECTACLE
Ken Ludwig : une bonne vingtaine de pièces, trois comédies musicales, plusieurs prix professionnels… il est peu connu en France et pourtant joué dans vingt-cinq pays de par le monde et traduit en 16 langues. Sa première pièce Lend me a tenor (Prête-moi un ténor) a fait des ravages avec 15 nominations et 6 récompenses lors de divers Prix professionnels.
Jean-Gabriel Chobaz : Plus de soixante mises en scène d’auteurs extrêmement divers : de Hugo à Duras et Horowitz en passant par Feydeau, Tennessee Williams, Ionesco, Sartre, Camus, Pinter, Handke, Viala, pour ne citer que ceux-là ! Que ce soit à travers le drame ou la comédie, Jean-Gabriel Chobaz s’attache à mettre en évidence l’absurdité de l’être humain et l’incohérence du monde qui en découle le plus souvent. Son plaisir est de disséquer les personnages pour arriver au fondement de ce qui les fait agir et, à travers eux, d’approcher leurs créateurs, les auteurs. Et on serait étonné de constater que ce ne sont pas forcément les personnages tragiques qui sont les plus complexes !

AVEC Frank Arnaudon, Melanie Bauer, Jean-Aloïs Belbachir, Paola Landolt, Florence Quartenoud, Stéphane Rentznik, Frank Semelet
MISE EN SCÈNE ET SCÉNOGRAPHIE Jean-Gabriel Chobaz
ADAPTION Michael Stampe
COSTUMES Scilla Ilardo

Durée 1h40

Cie Théâtre Du Projecteur/Théâtre Montreux Riviera/Pulloff Théâtres, Lausanne

Aufführungstermine