La Maison du Lac
Ernest Thomson
Le spectacle
Kate et Tom forment un couple de rêve: ils ont 80 ans et s’aiment intensément depuis soixante ans! Un bonheur idéal… mais auprès duquel leur fille Claudia n’a pu trouver sa véritable place. De plus, elle a le défaut de ne pas être un garçon et c’est rédhibitoire aux yeux de Tom, professeur de grec qui rêvait de grandes parties de pêche avec un fils! Entre ce père à l’humour caustique et cette fille frustrée d’amour paternel, les rapports sont donc plutôt tendus, malgré les efforts de Kate qui joue les intermédiaires entre ces deux êtres qu’elle aime plus que tout au monde.
Cet été-là, le quarante-huitième que ses parents passent dans leur maison de vacances au bord du lac, Kate leur confie pendant quelques jours le fils de son fiancé, sans se douter des bouleversements qu’elle va provoquer. Cet été-là ne sera pas comme les autres!
Vous avez dit bonheur?...
Les pièces qui racontent le bonheur sont plutôt rares, tant les auteurs craignent de tomber dans l’eau de rose! Avec la Maison du Lac, non seulement l’histoire n’est pas traitée à l’eau de rose, mais elle aurait pu donner lieu à une tragédie, car les thèmes sont sérieux: conflits de générations, vieillesse, angoisse du temps qui passe, perspective de la mort... Cependant le ton n’est pas dramatique et les choses graves sont évoquées à travers la tendresse et l’humour. Parce que l’auteur veut montrer que les plaies peuvent être soignées quand elles proviennent d’un manque de communication ; qu’il suffit parfois d’un déclic pour que les prises de conscience se fassent et modifient les choses ; que l’amour, n’en déplaise aux accros de la sinistrose qui dépeignent la condition humaine, ça existe aussi dans la vie et que ça permet d’éliminer les obstacles. Et puis, La Maison du Lac est une pièce sur le temps, celui qui passe en accord avec la nature, qui peut amener bien des problèmes, mais aussi les résoudre…
Une œuvre devenue mythique
Certaines œuvres viennent à la rencontre des publics, quels qu’ils soient, d’où qu’ils soient. La Maison du lac est de celles-là. Sûrement parce qu’elle est une fenêtre positive sur des thèmes qui concernent fondamentalement et éternellement l’être humain, et probablement parce qu’elle fait écho aux aspirations de tout un chacun: l’amour-toujours, l’entente avec ses parents, une maison-refuge… «Je voudrais, dit le metteur en scène, que les spectateurs aient l’impression de reconnaître des situations familières et que cela leur donne l’envie de les reconsidérer autrement».
Ecrite en 1977 par un comédien de 28 ans, son succès est immédiat, d’abord Off Broadway, puis à Broadway, puis au cinéma. Le film réalisé en 1981 avec Henry Fonda, Katherine Hepburn et Jane Fonda reçoit une avalanche de prix – dont l’Oscar du meilleur scénario, le Golden Globe et le Writer’s Guild Award pour l’auteur Ernest Thompson – et entre dans la catégorie des productions mythiques. La pièce est jouée dans le monde entier. En France, elle a été créée par Edwige Feuillère et Jean Marais, puis reprise par le célèbre couple Simone Valère-Jean Desailly.
Changement de Distribution
Danielle Darrieux, victime d’un accident ce printemps, n’est pas suffisamment rétablie et, à son grand regret, a dû renoncer à reprendre le spectacle. Maria Pacôme, qui l’a déjà remplacée pour les représentations de Paris, a accepté de faire la tournée aux côtés de Jean Piat. Son interprétation a reçu les éloges de la presse et rencontré un vif succès auprès du public.
Distribution
Mise en scène: Stéphane Hillel
Décor: Edouard Laug
Adaptation: Jean Piat, Dominique Piat, Pol Quentin
Avec: Maria Pacôme, Jean Piat, Denise Chalem, Christian Pereira, Damien Jouillerot, Patrice Latronche
Presse
„Ils sont effectivement magnifiques tous les deux, il y a chez Jean Piat une joie d'être et un naturel qui défient les rides cependant que Maria Pacôme, de son côté, témoigne de tendresse, d'autorité et de vitalité. Stéphane Hillel a mis en scène cette touchante chronique amoureuse avec beaucoup de tact et d'efficacité.
On est tout à la fois ému et amusé. C’est une évidente réussite !“
— Le Parisien
„Maria Pacôme, silhouette fine, regard pétillant, ton naturel, instinctif, c'est du vif-argent, un talent fou et un sacré métier qui lui a permis de remplacer au pied levé Danielle Darrieux. Une comédie réjouissante, spirituelle et émouvante où l'humour est toujours présent. Une époustouflante démonstration de bonheur.“
— Pariscope
„Maria Pacôme est éclatante, à 85 ans, Mademoiselle Pacôme nous surprend encore par ce charme, cette jeunesse éternelle, cette sensualité sous-jacente qui flotte entre elle et le personnage de Tom. On se surprend même à penser, que le rôle de Kate était fait pour elle…“
— Rue du Théâtre