La Nuit de Valognes
Eric-Emmanuel Schmitt

Le spectacle

Une nuit, dans un manoir isolé… Cinq femmes d’âges et de caractères très différents sont réunies. Toutes anciennes victimes de Don Juan, elles sont bien décidées à faire son procès. Deux verdicts sont prêts: elles l’envoient en prison grâce à une lettre de cachet ou il épouse et s’engage à rendre heureuse sa dernière conquête, une jeune fille qui se consume de désespoir. Convoqué sous un faux prétexte et pris au piège, Don Juan est obligé de jouer le jeu – obligé de plonger en lui-même. Mais le procès ne se déroulera pas exactement comme prévu… et cette soirée qui devait voir le triomphe de la moralité et de la justice sur la bassesse et la débauche se révèle pleine d’éléments inattendus.

Postulat…
Et si Don Juan n’avait jamais eu le temps de rencontrer la statue du commandeur?

Entrer dans la Nuit de Valognes, c’est entrer dans un univers qu’on croit connaître et en ressortir avec une multitude d’impressions diverses qui viennent à la fois confirmer et bousculer le mythe de Don Juan. Car si le «vil séducteur» et ses méfaits sont sur la sellette, qu’en est-il des victimes? Les accusés correspondent-ils toujours à l’image qu’on s’en fait? Peut-on impunément passer du rôle de victime à celui de juge? Schmitt nous entraîne ainsi dans un jeu de piste des relations hommes-femmes, explore ce qui se cache derrière le comportement des coupables et des victimes, brouille les certitudes des uns, des autres… et les nôtres!

Il est bien sûr question de séduction et de conquête, mais aussi d’amour: à travers la personnalité de chacune des femmes, le portrait de Don Juan se dessine et la nature du séducteur se précise, jusqu’à ce qu’il soit amené malgré lui à s’interroger sur sa relation même à l’amour, celui qui va au-delà du désir et du sexe. Don Juan ne serait-il plus un don Juan? L’amour peut-il être un châtiment? Et que deviennent les idées toutes faites sur l’amour partagé, la pureté des jeunes filles, le cœur frigide des séducteurs-trices invétéré-e-s et le «bon» Sganarelle?

Une recette Schmitt?
En quelques œuvres, Eric-Emmanuel Schmitt est devenu un auteur reconnu, joué dans une cinquantaine de pays. La Nuit de Valognes est sa première pièce, elle contient déjà tous les ingrédients qui font sa caractéristique et son succès: une histoire à rebondissements, des situations surprenantes, des dialogues percutants, de la drôlerie, de l’émotion, de la réflexion, un optimisme existentiel sur fond de quête spirituelle…. «J’aime, dit-il, raconter des histoires qui aient un sens, avec des personnages que je ne juge pas. Je ne fais pas de théâtre à thèse, même si je pose des questions.» Il construit ses personnages «par empathie»: «Ce ne sont pas des marionnettes que je manipule, mais des individus que j’essaie de comprendre comme des clients de bistrots que j’écouterais parler de leur vie. Ça fait un peu bateau, mais c’est bel et bien comme ça que je vis, un peu comme une éponge.»

La «traduction» artistique
La difficulté avec les pièces de Schmitt, c’est de préserver cette alchimie qui lui est propre, sans privilégier un élément au détriment de l’autre. Aux yeux de Schmitt, «Régis Santon a su aller au-delà des apparences: jouer ce texte comme une comédie en montrant que ce n’en est pas une ; assumer le rouge et l’or en laissant percer le noir ; lier plaisir du jeu et plaisir de l’esprit ; mêler passé et modernité.»

Distribution

Mise en scène: Régis Santon
Costumes: Pascale Bordet

Avec: Pierre Santini, Marie-France Santon, Caroline Alaoui, Claire Baradat, Camille Cottin, Vanessa Kryceve, Stéphanie Lanier, Régis Santon, Cécile Sanz de Alba, Sacha Stativkine

Presse

„Une distribution haut de gamme pour cette comédie piquante et irrévérencieuse. On rit beaucoup, on s’étonne, on a le cœur serré au détour d’un tableau…“
— La Marseillaise en Avignon

„Etrange pièce, au fond, éblouissante dans ses propos.“
— Le Canard enchaîné

„Art du dialogue vif et percutant, sens théâtral… avec cet auteur qui a fait descendre la philosophie au rang des fauteuils d’orchestre, le public sort de la salle l’esprit en ébullition.“
— Le Figaro