Premiére 14. juin 2012

Daniel Colas
Henri IV
Le bien-aimé

Durée : 2h45 entracte inclus

Avec Jean-François Balmer, Béatrice Agenin, Coralie Audret, Maxime D’Aboville, Xavier Lafitte, Hubert Drac, Philippe Rigot, Maud Baecker, N.N.

Mise en scène Daniel Colas

Scénographie Augustino Pace

Costumes J.-D. Vuillermoz

Production Théâtre des Mathurins

Molières 2011 : 5 nominations – Prix du meilleur créateur de costumes

Le spectacle

Henri IV a 55 ans… et le voilà amoureux d’une jeunette de 16 ans !Pour se la garder tout en évitant le scandale, il la marie à son neveu,pensant que celui-ci, plus intéressé par les jeunes gens, ne devrait pas voir d’inconvénient à lui laisser l’usufruit de son épouse ! Mais le neveu se rebiffe et emmène sa jeune femme aux Pays-Bas espagnols, l’ennemi héréditaire. Alors, après avoir étéle premier souverain à rêver d'une pacification et d’une unification des états, après avoir œuvré à la réconciliation des religions, voilà Henri IV prêt à mettre l’Europe à feu et à sang pour récupérer celle qui sera sa dernière passion…

 

La grande histoire de France vue à travers un petit bout de jupon

Basée sur une solide documentation et d’authentiques paroles d’Henri IV, la pièce n’est pas un documentaire scolaire pour autant. C’est une grande fresque historique vivante, une vraie œuvre de théâtre, qui met en scène la petite histoire - souvent à l’origine de la grande ! - tout en éclairant les étapes du règne de ce roi étonnant et les multiples facettes de sa personnalité. Par d’habiles retours en arrière, elle nous entraîne dans les coulisses de la cour pour raconter un règne, une figure historique haute en couleurs et la naissance de la dynastie des Bourbons qui a gouverné la France pendant 219 ans.

Un Vert-Galant paradoxal

Henri IVa été un roi « bien-aimé ». Peut-être pas de tout le monde, parce qu’à une époque dominée par l’Eglise catholique, être protestant,puis « hérétique » converti, n’était pas vu d’un bon œil. Mais bien-aimé du peuple d’abord, puis de ceux qui ontapprécié de le voir plus soucieux du bon développement de la France que de la prépondérance de la religion dans les affaires du gouvernement.

Insaisissable, il était fin stratège, grand pacificateur, roi de la tolérance, mais aussi homme de guerre, autoritaire, paillard et séducteur insatiable. Cet amalgame original ne pouvait que dérangerses contemporains, et il lui fallut beaucoup de conviction et de persévérance pour rallier les diverses factions de la société française à son fameux «  panache blanc ». Son assassinat par le « fou de Dieu » Ravaillac en est une preuve, bien que l’enquête conclût à un acte isolé commis par un déséquilibré.  Il faudra du recul pour que la postérité réalise à quel point ce roi Henri étaitinsolite, novateur dans ses projets politiques et sociaux -  un homme complexe et… attachant. Au point d’en devenir un personnage mythique dès le XVIIIe siècle !

Il semble que lui-même ait été conscient de ce décalage entre sa conception de la politique et cellede son temps et qu’il ait dit : « Vous ne me connaissez pas maintenant, vous autres, mais je mourrai un de ces jours, et quand vous m'aurez perdu, vous connaîtrez lors ce que je valais. ».

 

Le Roi Balmer

Contradictoire et fascinante,la personnalité d’Henri IV est en elle-même éminemment théâtrale.Bienveillant et tyrannique, politicien redoutable, anti-conventionnel dans ses manières comme dans sa façon de gouverner…il fallait un acteur rare pour incarner ce personnage hors du commun. L’interprétation de Jean-François Balmer a été saluée par la presse, la profession, et lui a valu d’être nommé pour le Molière 2011 du meilleur comédien.

 

« Balmer impose un personnage grandiose. Il lui donne une épaisseur, une complexité dignes d'un roi shakespearien, dans le raisonnement politique comme dans les faiblesses humaines, dans la lucidité comme dans le sentiment qui enivre, dans la gravité comme dans le rire. Très grand Jean-François Balmer, un roi de théâtre(Le Figaro) La lourde partition du roi est illuminée par le jeu, fascinant et original, de Jean-François Balmer, un géant de l'art dramatique. (Figaroscope).L'immense Jean-François Balmer, tantôt tragique, tantôt bouffon matois, donne à son personnage une ampleur étonnante. Sa composition est saisissante. »(Pariscope)

 

Avec ses superbes costumes et une mise en scène inspirée des tableaux de la Renaissance, où pas moins de 18 comédiens et figurants se croisent sur scène, la pièce est captivante. Le Parisien

Représentations

je. 14.06.2012, 19h30, Stadttheater Billets