Premiére 30. octobre 2011

Stephen Belber
Grand Ecart

Durée : 1h25 sans entracte

Avec Thierry Lhermitte, Anne Cressent, François Feroleto

Mise en scène Benoît Lavigne

Décor Laurence Bruley

Costumes Cécile Magnan

Lumières Fabrice Kebour

Adaptation française Lucie Tiberghien et Benoît Lavigne

Production Théâtre de la Madeleine/Jean-Marc Ghanassia

Le spectacle

New York, aujourd’hui… Chez Tobi, célèbre danseur, chorégraphe et professeur à la Julliard School,à la fois distingué et légèrement excentrique. Débarque une jeune femme, accompagnée de son mari, qui vient documenter sa thèse sur l’histoire de la chorégraphie classique aux USA. Tobi, par son âge et son parcours, est des mieux placés pour lui raconter le monde de la danse des quarante dernières années ! Mais tandis que la vieille gloire égrène ses souvenirs agrémentés de son humour farfelu et parfois provocateur, on s’aperçoit que quelque chose cloche. L’interview tourne à l’interrogatoire. Qu’est-ce que ce jeune couple est réellement venu faire ?

 

Enquête sur quête…

C’est finalement une véritable enquête dans laquelle nous emmène Stephen Belber. Et comme toutes les enquêtes, elle contient sa dose de découvertes, de secrets, de rebondissements, de tensions. Progressivement l’histoire se dévoile, avec cette minutie du texte et cette subtilité propres à beaucoup d’auteurs anglo-saxons. Car c’est une comédie à multiples facettes. Pleine de drôlerie à traversles situations et le personnage de Tobi qui souffle le chaud et le froid - explosive, parce que les enjeux sont importants pour les personnages - et émouvante parce que les failles de chacun d’entre eux révèlent leur sincère aspiration à se construire une vie basée sur l’authenticité.

 

Une vie dans l’art ?

« En 2002, raconte Stephen Belber, j’ai dîné avec un homme qui avait passé sa vie dans le milieu de l’art, principalement en tant que danseur. Sa vie avait été, et était restée, emplie d’expériences et de joies, pourtant il m’apparaissait de façon assez claire qu’il était seul. Pas particulièrement malheureux, mais seul.

Cette soirée renforça en moi une question que je me posais depuis un certain temps déjà : Qu’est ce que cela signifie de dédier sa vie à la poursuite de l’excellence professionnelle ? Quels en sont les coûts ? Quels en sont les bénéfices ? C’est à partir de là que j’ai commencé l’écriture de la pièce. »

Et ce « là » précis a entraîné Stephen Belber dans une réflexion sur les deux bases de notre quotidien : la famille et la profession. Et cette réflexion l’a emmené dans une spirale de thèmes : la créativité, le besoin de transmission, l’identité, la responsabilité, le partage, l’égo, le couple… et la place que tout cela prend dans une vie d’être humain !

 

Fiction et réalité…

Une fiction plausible, une intrigue bien ficelée, des personnages qui ont le mérite d’être à la fois crédibles et très théâtraux,des sujets qui nous touchent… Stephen Belber entremêle tout cela avec drôlerie et suspense. Et il y ajoute la notion de l’art. Parce que si l’art n’est pas pratiqué par tout un chacun, il est cependant bien présent dans notre quotidien à travers ceux qui le transmettent et les médias qui véhiculent les informations les plus diverses à leur sujet. La « grande famille » des artistes fait souvent rêver, mais à côté d’elle, où se situe la petite famille conventionnelle ? Que reste-t-il d’une vie consacrée à une passion qui implique toutes sortes de renoncements ? A travers l’interprétation toute en finesse de Thierry Lhermitte, qui dit avoir tout de suite aimé « ce personnage qui [lui] correspond et ce mélange de comique et d’émotion », Tobi se chargera de remettre certaines pendules à l’heure.

Par petites touches, la pièce révèle les dessous du milieu pailleté du monde de la danse, elle rappelle la libération des mœurs du flowerpower des années 60-70, les conséquences de certains choix de vie.Peu à peu, les masques tombent et les personnages ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le penser…

 

Un très bon spectacle qui ne manque pas de piquant (Le Figaro).

ThierryLhermitte signe une composition toute en justesse dans une histoire simple qui s’impose d’emblée et fait basculer une salle du sourire à l’émotion(Le Parisien). 

Une mise en scène très rythmée, qui accompagne le suspense et les divers rebondissements (Pariscope) : l’un des rendez-vous les plus originaux de la saison théâtrale (République des Lettres).

Représentations

di. 30.10.2011, 18h00, Stadttheater