Premiére 23. septembre 2011

Edmond Rostand
Cyrano der Bergerac

Durée : 2h50 entracte compris

Avec Frédéric Polier, Alexandra Tiedemann, Julien Schmutz, Laurent Sandoz, Olivier Périat, Pietro Musillo, Camille Giacobino, Jean-Alexandre Blanchet, Bernard Escalon, Diego Todeschini, Séverine Bujard.

Mise en scène Séverine Bujard et Frédéric Polier
ScénographieGilles Lambert

Costumes Florence Magni

Production Théâtre de l’Orangerie Genève, Cie L’Atelier Sphinx

Le spectacle

Pour mémoire…Courageux par principe, généreux par nature, bravache par plaisir, grand pourfendeur de bêtise et de manque de goût, Cyrano cultive l’élégance morale de façon absolue. Il n’a qu’une faiblesse : son manque abyssal d’amour féminin, qu’il attribue à la laideur de son nez gigantesque. Secrètement amoureux de sa jolie cousine Roxane qui se pique de belles-lettres, il en viendra à exprimer sa passion… par procuration :en défendant les intérêts de son rival, aussi beau que dénué d’esprit.

Dans cette histoire d’amour et d’amitié qui lie Cyrano, Roxane et Christian, on suit Cyrano dans toutes ses folles entreprises, au théâtre, dans une confiserie, dans une salle d’armes, au champ de bataille, dans un couvent. Action, drôlerie, émotion et péripéties…les morceaux de bravoure se succèdent les uns aux autres et si des passages de la tirade des nez, des « non merci » et des cadets de Gascogne sont dans toutes les mémoires, on ne se lasse pas de les réentendre, tant le texte de Rostand, brillant et spirituel,procure un vrai bonheur.

Une pièce mythique

Dès sa création il y a 114 ans, Cyrano est devenu légendaire, l’œuvre autant que le personnage ! C’est l’une des pièces du répertoire français les plus jouées et sans doute l’une des plus connues à l’étranger.Elle a donné lieu à cinq opéras, cinq films, un ballet (de Roland Petit sur une musique de Marius Constant), des bandes dessinées, elle a été jouée sur tous les continents et dans une quarantaine de pays.

A elle seule, elle réunit toutes sortes de styles de théâtre. Qualifiée de comédie héroïque par son auteur, elle appartient incontestablement au courant romantique. Mais on y trouve aussi des scènes de farce, un clin d’œil à des personnages de commedia dell’arte, des moments épiques, et un rappel de la tragédie classique avec certaines tirades et le découpage d’actes.

Le panache en plus !

Parce que son intrigue est brillante dans sa forme et passionnante dans son déroulement, on oublie parfois les nombreux autres éléments qui font aussi la richesse de cette pièce.Car malgré certains anachronismes ou certaines inexactitudes dont Rostand lui-même était parfaitement conscient, cette pièce est un portrait du XVIIe siècle très joliment documenté : elle évoque le théâtre de l’époque, la guerre, les petites gens du peuple, les grands de la société, les poètes ; tous ses protagonistes ont effectivement existé et on y trouve des allusions à quantité de personnages réels de la société politique ou littéraired’alors.

Et puis, à travers le personnage de Cyrano qui symbolise la liberté de pensée,  elle est aussi un hymneà un certainregard surla vie : celui qui rend créatif et inventif, qui donne l’indépendance de l’esprit, qui lutte contre la bassesse et décèle les impostures, celui qui permet de traverser les malheurs et de surmonter les handicaps. En ajoutant à tout cela l’humour et le panache, Rostand a indéniablement trouvé la recette d’un chef d’œuvre.

Le vrai Cyrano…

…a existé ! Il n’est pas né à Bergerac, mais il était effectivement mousquetaire, libre-penseur, savant, romancier, poète et auteur dramatique (c’est à sa pièce « Le Pédant Joué » que Molière a emprunté la célèbre scène « Qu’allait-il faire dans cette galère » des Fourberies de Scapin). Il était aussi un philosophe qui ne craignait pas de remettre en question les théories établies, un surdoué anti-conventionnel, dont les talents multiformes étaient nourris par une énergie passionnée, par le sens de la satire et par une prodigieuse fantaisie.

Si Rostand, pour les besoins de sa pièce, a imaginé certains faits, il ne s’en est pas moins inspiré de bien des éléments de la vie, de la personnalité et des œuvres de son modèle, avecnotamment des allusions précises à sonahurissant roman « Etats et Empires du Soleil et de la Lune ».

 

Frédéric Polier a la stature du personnage, sa générosité et sa droiture forcenée. Une version classique et enjouée,avec un festival de comédiens. Le Temps

 

Un Cyrano qui déploie émotion et charme dans une mise en scène bien digne de cette pièce étincelante. Le Courrier de Genève

Représentations

ve. 23.09.2011, 19h30, Stadttheater